Me revoilà quelques jours plus tard. J’ai rajouté quelques journées sur mon calendrier car le vent est vraiment instable. Vu la blague de Denis aujourd’hui à la BLU je pense que je commence à me rapprocher du groupe progressivement, trop forte Cassiopee!

Je voulais revenir écrire quelques mots car je me suis rendue compte aujourd’hui que ça y est mon rythme est calé. Je me réveille avec le soleil, je fais des petites siestes la journée pour anticiper les grains qu’il faut gérer la nuit. Ce midi j’ai mangé à l’heure et même ce soir je me suis fait un vrai repas! Je soigne mes blessures bref je me sens un peu plus comme à la maison. Je suis terriblement bien dans ma petite bulle, je m’émerveille toujours autant devant un sillage fumant éclairé sous la lune… (plus personne pour écrire la suite)

Je reprends ma petite écriture, je me suis fait surprendre par un grain, une belle frayeur. Le vent est monté d’un coup à +40nds. Il est tombé pile au moment où il n’y avait plus de lune, je n’ai jamais vu une nuit aussi sombre, je me suis vraiment sentie comme dans le néant, même ma frontale me donnait l’impression de ne pas réussir à éclairer le pont du bateau. C’était très oppressant. Heureusement, j’ai eu la sensation du souffle puissant qui approchait, je choque l’amure de mon médium in extrémis, 2 secondes après j’étais dans le souffle le plus fort du nuage. Le pilote n’a pas réussi à tenir le bateau même sans spi je suis partie au lof.

La journée était identique à la nuit. J’ai enchaîné des grosses masses nuageuses avec un vent établit à 25 nds et des claques à 40nds. La mer était énorme je n’ai jamais vu ça, elle était vraiment blanche, le vent sifflait fort dans le mât. Une vague a englouti mon cockpit en y laissant un vrai bordel. C’était un beau spectacle des forces de la nature, je me sentais bien petite dans ces éléments qui devenaient de plus en plus fort. Il fallait rester concentré à chaque minute pour faire attention au bateau, pour ne rien laisser au hasard et pour se sécuriser.

Ma petite victoire aujourd’hui est d’être enfin dans la zone alizé. Je décide de me faire une bonne pause musique en total contradiction avec les éléments déchaînés dehors à base de saxo, piano, house, bref un peu de douceur. Voilà pourquoi la musique est ma deuxième passion. Dans n’importe quelle circonstance elle te plonge dans ta bulle, de la même façon que la voile. À partir du moment où tu appuies sur play, c’est comme quand tu quittes le ponton. Il y a un effet assez instantané dans la déconnexion.