Aujourd’hui cela fait 12j que je suis en mer. Le temps ne passe pas du tout de la même façon que les premiers jours. Je ne compte plus les milles ni le temps qu’il me reste en mer. J’ai la sensation de me perdre dans un espèce d’espace temps très spécial. Une sorte de monde parallèle ou rien d’autre ne compte à part manger, dormir, s’occuper du bateau. Seule la météo à la BLU me rattache à la terre.

Je ne l’ai pas encore écrit mais depuis mes dernières lignes ma quille a explosé. En tout cas c’est le constat que je fais en regardant les images de ma GoPro. Je ne sais pas si la réparation est toujours là, j’ai l’impression qu’elle a cédé aussi vu l’ouverture..

Du coup, de nuit, dans un grain, le bateau est parti à toute vitesse dans un surf. D’un coup il s’est mis à danser tres fort: le bulbe faisait le serpent et oscillait. Son poids entraînait tout le bateau, c’était un vrai séisme à bord. Je ne voyais plus rien, tout est devenu flou, je n’arrivais pas à tenir debout, le mât se transformais en fouet, la tête de quille bougeait dans tout les sens. C’était impressionnant, j’ai eu vraiment peur de perdre la quille.

Donc depuis les 1200 milles restant avant l’arrivée je suis les deux pieds sur le frein. Je dois redoubler de vigilance car je n’ai pas le droit d’aller à plus de 8nds sans quoi la quille oscille trop et le bateau se remplit d’eau. C’est usant et assez stressant quand on est déjà à la vitesse Max alors que j’ai déjà affalé le spi. Les grincements de la quille sont de plus en plus fort. Je suis obligée de faire un immense pallant qui retient la tête de quille pour l’aider un peu à ne pas taper d’avant en arrière.

Tout ça forcément me rends un peu triste pour mon projet sportif. Entendre à la BLU que tout le monde arrive pendant que tu es encore en mer et bon dernier c’est tout de même dur mentalement quand on y est pas préparé. L’avantage d’arriver en retard c’est que ma famille aura le temps d’arriver avant. Les imaginer pouvoir m’accueillir me donne toujours un sourire énorme, je suis extrêmement émue rien que d’y penser et c’est ma principale motivation pour avancer avec Cassiopée.